ArgumentaireDepuis le début des années soixante-dix, la sauvegarde du bâti et d’autres installations de l’âge industriel occupe une place importante dans les politiques urbaines. L’Unesco confère le label de patrimoine mondial même à des complexes industriels muséifiés. Mines, gares de chemins de fer, châteaux d’eau, halles, manufactures, usines et autres ateliers de fabrication en déshérence sont devenus des objets dignes d’intérêt sur le plan local, national, et même international. À la dimension économique, prioritaire, d’une réutilisation se conjugue le besoin de créer de nouvelles identifications territoriales pour des citoyens et des visiteurs en mal de références pérennes. L’archéologie industrielle n’est cependant pas une fin en soi. Au demeurant, il n’existe pas de consensus parmi les « experts » sur la nécessité de conserver ces constructions à l’abandon, ni même sur l’opportunité de leur « reconversion ». Et surtout que reste-t-il de vivant, y compris dans les mémoires, d’une technique de production ou de transport, et de ceux qui lui ont donné vie, alors que les procédés, obsolètes d’un point de vue économique, ne sont plus reliés à aucune pratique, à aucune vie. Comment établir la liste des sites qui méritent d’être qualifiés de « monument historique » ? Le présent numéro propose de faire la lumière sur les critères qui motivent aujourd’hui les choix de ce qui sera converti en « patrimoine industriel ». La localisation urbaine d’un bâtiment ou d’une infrastructure, les préférences en termes de style architectural entrent à coup sûr en ligne de compte, mais de quelle manière ? Comment et pourquoi décide-t-on de démolir tel vestige industriel, de le reconvertir / muséifier, de le consacrer à un nouvel usage ? Au lieu d’un énième inventaire, nous voulons interroger la vision de l’histoire qui prévaut dans la réinterprétation, politique avant tout, de l’importance de ces espaces conservés restaurés à l’intention du grand public. Le terme de « patrimoine » est-il adéquat pour rendre compte de la valeur sociale d’un site désaffecté, de ces installations industrielles, ferroviaires ou portuaires qui sont autant de coquilles que l’on peut remplir de ce qui paraît intéressant d’y faire figurer à un moment particulier de l’histoire ? Si la présentation de tels sites est toujours sélective, quelle place accorder à la mémoire populaire des lieux alors que travailleurs et usagers d’antan les ont désertés ? C’est pourquoi autour de ce « patrimoine » des projets voient le jour qui sont en priorité destinés à contribuer à une meilleure cohésion sociale, locale, nationale, européenne, et à devenir — par le tourisme — source d’emplois et de développement ou enfin — grâce aux techniques du numérique — un patrimoine industriel virtuel. Les exigences de la conservation d’un site, et peut-être même de son histoire, peuvent-elles être conciliées avec les besoins en termes de marketing de ceux qui l’exploitent ? À chaque niveau de compétence, et dans chaque pays, peut prévaloir une autre interprétation de ce qu’est ce « patrimoine ». Les contributions de ce numéro doivent avant tout aider à comprendre de quelle manière la notion de « patrimoine industriel » établit un lien avec le passé et fait vivre au présent une histoire dont chacun met en valeur ce qui lui semble le plus important à conserver. Modalités de soumissionLes articles (format word) sont à envoyer avant le 31 janvier 2014au secrétariat de rédaction de L’homme et la société : deldyck@univ-paris-diderot.fr Chaque article sera évalué par deux membres du comité de rédaction de la revue, voire d’un troisième si les deux premiers sont d’un avis contraire. ConsignesLe format standard des articles est de 35 000 signes mais il peut faire un peu plus ou un peu moins si nécessaire. Police Times, taille 12, double intervalle. Toutes les références bibliographiques doivent être en notes de bas de page (pas de bibliographie en fin d'article) Processus d'évaluation - CalendrierÀ partir de sa réception, l'article est distribué (lors de la réunion du comité de rédaction suivante - réunions mensuelles) en lecture pour évaluation à deux membres du comité de rédaction.
Cette phase d'évaluation peut donc être comprise entre 1 et 3 mois. Composition du comité de rédaction(comité de lecture)
Coordinateurs du numéro
|
| Mensagem anterior por data: [Museum] AS FÉRIAS DE VERÃO ESTÃO PARA DURAR! | Próxima mensagem por data: [Museum] A pintura de Filipe IV a cavalo, atribuída a Velázquez |
| Mensagem anterior por assunto: [Museum] Latoaria em Mação | Próxima mensagem por assunto: [Museum] Ler os Clássicos no Sítio Certo, com Helena Vasconcelos, no Museu Nacional de Arqueologia |