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Les campagnes d’information nutritionnelle
organisées régulièrement par les organismes officiels de la Santé, nous
encouragent à adopter un régime alimentaire plus frugal, pauvre en viande et
riche en fruits, en légumes et en céréales. On nous présente souvent ce
changement profond de nos habitudes alimentaires comme une espèce de retour à
un régime originel de la civilisation occidentale, qui aurait été perpétué de
manière inaltérée depuis toujours par les habitants les plus pauvres de la
Méditerranée. Le récent classement de cette diète traditionnelle sur la Liste
Unesco du Patrimoine Immatériel de l’Humanité représenterait-il
& agrave; ce titre une nouvelle étape d’un mouvement général de
réconciliation grâce à la reconnaissance par les scientifiques d’un
savoir vernaculaire très ancien ? L’auteur de ce livre défend
l’idée que, suite à des études épidémiologiques menées à bien en
Italie, en Grèce, en Espagne et en Yougoslavie après la Seconde Guerre
mondiale, la diète méditerranéenne, telle que nous l’entendons
aujourd’hui, fut réinterprétée par les épidémiologistes de
l’après-guerre à l’aune d’un idéal végétarien, dont
l’origine se situe outre- Atlantique, un siècle auparavant, ce qui
l’amène à appréhender sous un nouvel angle la façon dont ce régime
participe actuellement à la redéfinition des traditions alimentaires dans les
pays méditerranéens.
António José MARQUES DA SILVA est Docteur en Histoire et
Archéologie de l’Université de Coimbra, où il a enseigné pendant trois
ans. Depuis 2010, il mène une recherche financée par la Fondation pour la
Science et la Technologie du Portugal centrée sur les discours et les
pratiques alimentaires en Méditerranée. Ce livre est le deuxième volet
d’une trilogie consacrée à ce sujet, fruit d’un dialogue constant
maintenu tout au long de sa carrière avec d’autres domaines du savoir.
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